Episode 20: La page blanche
Laisser moi vous parler d'un pan de ma vie qui a pris un peu de place. Celui de la page blanche, ou des histoires sans fin. Non je ne vous parle pas de ce film ou un pauvre cheval est sacrifié, avec un homme-rocher et un long chien volant... Mais bien de tous ces moments passés à écrire sans y apporter une touche finale. Parfois sans rien n'y apporter du tout. J'ai toujours écrit, même quand je ne savais pas le faire. Je dictais à ma mère des histoires que j'inventais sur le tas, et je dessinais les illustrations. Plus tard, j'écrivais dans des carnets, une multitude de carnets de toutes les tailles et couleurs. Un jour j'ai achetée une machine à écrire, que j'ai essayé de bricoler pour qu'elle fonctionne, puis je me suis rendue compte que cela rendait la tâche tellement plus laborieuse. Ensuite, ce furent les ordinateurs. Et des tonnes de fichiers Word, parfois seulement quelques mots dessus, parfois plusieurs pages. Je me suis donc demandé pourquoi, alors que j'aimais écrire, je n'arrivais pas à aller plus, à être consistante, organisée, logique, et à poser mon imagination sur le papier. Je pense que le problème, c'est de ne pas aimer ce que l'on écrit. Je n'aime pas lire de mauvais livres, j'aime encore moins les écrire. Ecrire une histoire, ou son histoire, car je pense qu'un livre est toujours un peu une autobiographie, c'est comme se regarder dans le miroir pendant très longtemps. C'est loin d'être agréable. Il faut surement l'accepter et passer outre pour réussir a écrire.
Par la suite, j'ai écrit plusieurs "ouvrages" qui eux ont bel et bien été achevés. Ce ne fut pourtant que des écrits académiques. Des dissertations sur la littérature russe, puis un mémoire sur le tourisme d'affaire qui lui fut beaucoup plus long et difficile à terminer. C'était une étape importante, évidemment, mais pas satisfaisante, car elle était si peu personnelle.
Et puis il y a eu le journalisme. Pendant ce stage, j'ai eu l'occasion d'écrire plus que je ne l'avais jamais fait auparavant en si peu de temps. Pour l'instant, j'ai écrit 86 articles, 20 épisodes de #Moi, Manon, j'ai gribouillé beaucoup de pages dans mes nouveaux carnets d'adultes. C'est une forme d'expression que j'adore, avec la radio, puisqu'elle est à la fois personnelle et d'utilité publique. J'aime énormément le travail en amont, s'informer, apprendre parfois en partant de rien, s'approprier un sujet, un angle d'écriture et voir un résultat, un but. Ces articles sont courts, mais ils sont écrits chaque jour sans faute, et la fierté de pouvoir les présenter aux autres est toujours là. En ce jour de la Saint-Valentin où j'écris cet épisode, j'ai une pensée pour mon cher et tendre qui a dû lire tous ces articles en rentrant du travail, parce que j'étais trop excité de lui partager ce que j'avais appris dans la journée. C'est toute cette agitation des médias, ces sujets qui ne peuvent pas nous laisser indifférents, ces gens qui nous passionnent avec leur histoire. J'espère que nous parvenons à vous partager ces morceaux de vie avec autant d'intensité que nous les vivons au quotidien.