Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a regretté dimanche l'absence de "réponse" américaine au "refus" par le président russe Vladimir Poutine d'un cessez-le-feu complet et inconditionnel en Ukraine, après de nouvelles frappes meurtrières notamment à Kiev.
Les Etats-Unis avaient proposé en mars un cessez-le-feu de 30 jours, que Kiev avait accepté. Mais le président américain Donald Trump, qui s'est rapproché de Vladimir Poutine, n'a pu obtenir de Moscou qu'un accord pour une trêve en mer Noire et un moratoire très flou concernant les frappes sur les infrastructures énergétiques, que les deux parties s'accusent de violer.
"L'Ukraine a accepté la proposition américaine de cessez-le-feu total et inconditionnel. Poutine refuse", a dit Volodymyr Zelensky dans son adresse quotidienne à la nation. "Nous attendons que les Etats-Unis répondent - jusqu'à présent, il n'y a pas eu de réponse", a-t-il critiqué, disant attendre des mesures des Européens et de "tous ceux dans le monde qui veulent la paix".
Le président français Emmanuel Macron, dénonçant les dernières frappes, a appelé dimanche à des "actions fortes" si Moscou continue à "refuser la paix". Paris et Londres, dont les chefs d'état-major se sont rendus cette semaine à Kiev, poussent pour l'envoi en Ukraine de contingents militaires après un cessez-le-feu, pour dissuader toute nouvelle attaque russe.
Volodymyr Zelensky, dont les relations avec Donald Trump ont été tumultueuses ces derniers mois, demande à Washington de faire pression sur la Russie. Il a notamment exhorté à plusieurs reprises ses alliés à renforcer les sanctions économiques contre Moscou.
Plus tôt dimanche, il avait écrit sur les réseaux sociaux que "la pression sur la Russie est encore insuffisante, et les frappes quotidiennes russes sur l'Ukraine le prouvent".
De nouveaux contacts entre responsables russes et américains sont possibles "la semaine prochaine", a néanmoins indiqué dimanche l'émissaire économique du président russe Vladimir Poutine, Kirill Dmitriev, dans une interview télévisée citée par les agences russes. Kirill Dmitriev n'en a pas indiqué la nature, mais il n'est officiellement pas impliqué dans les discussions sur l'Ukraine.
Frappes sur Kiev
Des frappes nocturnes et matinales ont fait au moins deux morts, dont l'un à Kiev, et huit blessés dans différentes régions, selon les autorités locales dimanche.
A Kiev, des explosions ont été entendues pendant la nuit et une épaisse fumée noire s'est élevée de la ville tôt dimanche matin, ont constaté des journalistes de l'AFP. L'attaque a partiellement détruit un bâtiment abritant les bureaux de chaînes de télévision publiques, selon un de ces médias, la chaîne Freedom.
D'autres frappes ont fait un mort dans la région méridionale de Kherson, et quatre blessés dans celles de Kharkiv (nord-est), et de Khmelnytsky (ouest), d'après les autorités locales.
Le ministère russe de la Défense a dit avoir visé dans la nuit des infrastructures liées à l'armée, notamment une entreprise produisant des drones.
Davantage de frappes
Certains des missiles ont été lancés depuis la mer Noire, selon Volodymyr Zelensky. Il a appelé à une trêve maritime qui assurerait la sécurité de l'Ukraine.
L'accord actuel sur la mer Noire, tel qu'il a été présenté par la Maison Blanche en mars, doit permettre d'"assurer la sécurité de la navigation, d'éliminer l'usage de la force et d'empêcher l'utilisation de navires commerciaux à des fins militaires dans la mer Noire". Mais ses conditions sont assez floues, tout comme sa date d'entrée en vigueur, Moscou ayant réclamé un allégement de certaines sanctions occidentales.
Les frappes du week-end se produisent après des attaques ayant tué 20 personnes, dont neuf enfants, vendredi à Kryvyï Rig (centre), selon un nouveau bilan communiqué par les autorités locales dimanche. Un jour de deuil national a été déclaré dimanche pour les victimes de cette attaque, qui a une nouvelle fois choqué le pays.
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a estimé qu'il s'agissait de "la frappe la plus meurtrière contre des enfants" en trois ans d'invasion.
Volodymyr Zelensky a affirmé dimanche que le nombre d'attaques aériennes russes contre son pays "augmente", en appelant ses alliés à "renforcer" la défense antiaérienne de l'Ukraine.
Soumy
L'Ukraine est aussi en difficulté sur le front.
Le ministère russe de la Défense a revendiqué dimanche une avancée dans la région ukrainienne de Soumy, en prenant le village de Bassivka. Début mars, Moscou avait déjà revendiqué la prise d'un village voisin, Novenké, ce qui représentait alors une première depuis la retraite russe de la région au printemps 2022.
L'Ukraine a cependant démenti cette avancée. "L'ennemi poursuit sa campagne de désinformation concernant la prise de localités dans la région de Soumy ou la pénétration de la frontière", a déclaré à l'AFP Andriï Demtchenko, porte-parole du service d'Etat des gardes-frontières.
Il a affirmé que seuls des "petits groupes d'assaut" russes s'infiltraient parfois dans la zone, mais que les troupes ukrainiennes les "détruisaient (...) autant que possible".
Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp