Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé dimanche que le nombre d'attaques aériennes russes contre son pays "augmente", après une nouvelle vague de frappes ayant fait deux morts, dont l'un à Kiev, et des blessés.
Sur le front, le ministère russe de la Défense a revendiqué une très rare avancée dans la région ukrainienne de Soumy, dont ses troupes avaient dû se retirer au printemps 2022, quelques mois après le début de l'invasion.
L'Ukraine ne l'a pas encore commentée, mais affirmait jusque-là repousser les tentatives des soldats russes de franchissements de la frontière dans la zone.
"Attaque massive"
Le pays a en revanche accusé dimanche la Russie d'avoir lancé une "attaque massive" contre son territoire, faisant au moins deux morts et sept blessés dans différentes régions. "Le nombre d'attaques aériennes augmente", a dénoncé Volodymyr Zelensky sur les réseaux sociaux.
A Kiev, où les attaques meurtrières sont plutôt rares, "une personne a été tuée et trois ont été blessées, deux d'entre elles ont été hospitalisées", selon le chef de l'administration militaire de la ville, Tymour Tkatchenko.
Des explosions ont été entendues pendant la nuit et une épaisse fumée noire s'est élevée de la ville tôt dimanche matin, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Des incendies ont éclaté à Kiev dans des bâtiments non résidentiels, endommageant un centre d'affaires, une usine de meubles et des entrepôts, ont indiqué les services d'urgence. Cela a partiellement détruit un bâtiment abritant les bureaux des télévisions publiques diffusant des programmes en langues étrangères, selon un de ces médias, la chaîne Freedom.
Pression sur la Russie "insuffisante"
D'autres frappes ont fait un mort dans la région méridionale de Kherson, et trois blessés dans celles de Kharkiv (nord-est), et de Khmelnytsky (ouest), d'après les autorités locales.
Le ministère russe de la Défense a dit avoir visé dans la nuit des infrastructures liées à l'armée, notamment une entreprise produisant des drones. La Russie nie toujours viser des cibles civiles en Ukraine.
Les attaques interviennent alors que le président américain Donald Trump pousse pour un cessez-le-feu partiel entre la Russie et l'Ukraine, plus de trois ans après l'invasion, et cherche à se rapprocher du Kremlin.
Mais "la seule réponse" de Moscou a été de lancer "encore plus de missiles, de drones et de bombes", a dénoncé le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga. Volodymyr Zelensky a affirmé dimanche que "la pression sur la Russie est encore insuffisante, et les frappes quotidiennes russes sur l'Ukraine le prouvent". Kiev demandant notamment davantage de sanctions économiques, que la Russie cherche elle à faire alléger.
Soumy
La main tendue par Donald Trump à Moscou a été mal reçue à Kiev, même si Donald Trump a depuis aussi menacé la Russie de nouvelles sanctions.
De nouveaux contacts entre responsables russes et américains sont possibles "la semaine prochaine", a indiqué dimanche l'émissaire économique spécial du président russe Vladimir Poutine, Kirill Dmitriev, dans une interview télévisée citée par les agences russes. Il n'en a pas indiqué la nature. Patron du puissant Fonds souverain russe, Kirill Dmitriev n'est officiellement pas impliqué dans les discussions sur l'Ukraine.
Le pays est en difficulté sur le front, où l'armée russe continue ses avancées. La Russie a annoncé dimanche la prise de Bassivka, dans la région ukrainienne de Soumy (nord-est), frontalière de son territoire et où il est très rare qu'elle revendique des avancées.
Début mars, Moscou avait déjà revendiqué la prise d'un village voisin, Novenké, ce qui représentait alors une première depuis la retraite russe de la région au printemps 2022.
"Mépris"
Les Etats-Unis avaient proposé un cessez-le-feu inconditionnel de 30 jours, mais Donald Trump n'a pu obtenir à ce stade de Moscou qu'un accord pour un cessez-le-feu en mer Noire et un moratoire très flou concernant les frappes sur les infrastructures énergétiques, que les deux parties s'accusent quotidiennement de violer.
Les frappes du week-end se produisent après une attaque particulièrement meurtrière vendredi à Kryvyï Rig, ville natale du président Zelensky dans le centre de l'Ukraine.
Dix-huit personnes, dont neuf enfants, ont été tuées dans cette frappe de missile contre une zone résidentielle, tout près d'une aire de jeux. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a accusé la Russie d'avoir un "mépris sans borne pour la vie des civils". Le Haut-Commissariat a estimé qu'il s'agissait de "la frappe la plus meurtrière contre des enfants" constatée par ses services depuis le début de l'invasion.
Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp