L'Ukraine a dénoncé dimanche une "attaque massive" russe. Celle-ci a fait au moins un mort et trois blessés à Kiev, ainsi qu'une autre victime dans le sud du pays. Les bureaux des chaînes publiques diffusant des programmes en langues étrangères ont été détruits.
La Russie "aux premières heures de ce matin a lancé une attaque massive à l'échelle nationale contre l'Ukraine en utilisant des missiles balistiques, des missiles de croisière et des drones", a déclaré la première vice-Première ministre Yulia Svyrydenko.
La Russie a lancé 23 missiles de croisière et balistiques et 109 drones, a déclaré la force aérienne ukrainienne, causant des dégâts dans six régions. La force aérienne a déclaré avoir abattu 13 des missiles et 40 drones, tandis que 54 autres n'ont causé aucun dommage.
Incendies à Kiev
A Kiev, "une personne a été tuée et trois ont été blessées, deux d'entre elles ont été hospitalisées", a écrit le chef de l'administration militaire de la ville, Tymur Tkachenko, sur les réseaux sociaux.
Des incendies ont éclaté à Kiev dans des bâtiments non résidentiels, endommageant un centre d'affaires, une usine de meubles et des entrepôts, ont indiqué les services d'urgence. Ils ont publié des vidéos de fumée s'élevant des débris carbonisés, un hangar éventré et un grand bâtiment administratif à plusieurs étages avec le toit arraché et les fenêtres soufflées.
Bureaux des chaînes publiques détruits
Une frappe de missile russe sur Kiev, la capitale de l'Ukraine, a partiellement détruit dans la nuit un bâtiment abritant les bureaux des chaînes publiques diffusant des programmes en langues étrangères, a annoncé dimanche une chaîne de télévision.
"Dans la nuit du 6 avril, une frappe de missile balistique russe sur Kiev a causé des destructions importantes dans les bâtiments abritant les bureaux éditoriaux de l'Entreprise de diffusion étrangère d'Etat d'Ukraine", a déclaré la chaîne de télévision Freedom dans un communiqué, ajoutant que sa salle de rédaction avait été détruite.
Bombes aériennes guidées
Dans la région sud de Kherson, un drone a tué un homme de 59 ans, tandis que dans la région nord-est de Kharkiv près de la frontière avec la Russie, deux personnes ont été blessées lors d'une attaque utilisant des bombes aériennes guidées, ont déclaré les responsables régionaux.
Dans la région de Khmelnytsky, en Ukraine occidentale, les autorités ont déclaré que les défenses aériennes ont détruit un missile, mais des fragments tombants ont endommagé une maison et une femme a été blessée.
De son côté, le ministère russe de la Défense a indiqué avoir intercepté et détruit 11 drones ukrainiens.
"Langage de la force" incontournable
Les attaques interviennent alors que Donald Trump pousse pour un cessez-le-feu partiel entre la Russie et l'Ukraine, plus de trois ans après l'invasion à grande échelle de Moscou, et cherche un dégel des relations avec le Kremlin.
Le chef de cabinet de Zelensky, Andriy Yermak, a déclaré dimanche : "Le langage de la force est le seul que (le président russe Vladimir) Poutine comprend. Tous nos partenaires doivent passer à ce langage."
Réaction américaine "faible"
Samedi, le président ukrainien Zelensky avait dénoncé la "faible" réaction des Etats-Unis à la frappe particulièrement meurtrière de la veille par un missile russe contre sa ville natale de Kryvyï Rig (centre), qui avait tué neuf enfants (18 morts et 72 blessés au total).
L'ambassadrice américaine en Ukraine, Bridget Brink, s'était dite "horrifiée" par cette "frappe de missile balistique", mais sans en mentionner, dans un premier temps, l'origine russe. M. Zelensky a accusé Washington d'avoir "peur de prononcer le mot 'russe' en parlant du missile".
Dans des publications ultérieures, Mme Brink a désigné la Russie comme l'agresseur, écrivant dimanche matin que l'Ukraine était "sous attaque de missiles balistiques et de croisière de la part de la Russie".
"Mépris sans borne pour la vie des civils"
Le Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme a dénoncé dimanche "le mépris sans borne pour la vie des civils" de la Russie après le bombardement de Kryvyï Rig.
"L'utilisation par la Fédération de Russie d'une arme explosive à large rayon d'action dans une zone densément peuplée - et sans aucune présence militaire apparente - démontre un mépris sans borne pour la vie des civils", a écrit Volker Türk dans un communiqué.
"Progrès"
La main tendue par Donald Trump à Moscou a elle été mal reçue à Kiev, même si le septuagénaire a depuis aussi menacé la Russie de nouvelles sanctions.
Le président de l'Ukraine a toutefois salué des "progrès tangibles", avec de "premiers détails concernant la manière dont pourrait être déployé" un contingent européen en cas de cessez-le-feu. Cela après la venue vendredi à Kiev des chefs d'état-major des armées françaises et britanniques.
Les deux puissances européennes proposent de déployer un contingent de pays du continent, une "force de réassurance" censée prévenir une reprise du conflit une fois un éventuel cessez-le-feu mis en place.
Kiev accuse Moscou de jouer la montre
L'Ukraine accuse Moscou de jouer la montre pour profiter de son avantage sur le front afin de conquérir davantage de territoires.
Les Etats-Unis avaient proposé un cessez-le-feu inconditionnel de 30 jours, mais Donald Trump n'a pu obtenir à ce stade de Moscou qu'un accord pour un cessez-le-feu en mer Noire et un moratoire très flou concernant les frappes sur les infrastructures énergétiques, que les deux parties s'accusent de violer.
Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp