Le FC Concordia Lausanne lance un projet inédit en mettant en place, dès mars, un Pôle social. Le club basé sur les hauts de la ville souhaite faire du sport un vecteur d'inclusion, de cohésion sociale et de soutien pour les jeunes et leurs familles, au-delà de la simple pratique du football.
Le club, l'un des plus grands de Suisse en termes de membres (plus de 1000 et plus de 50 équipes), veut ainsi jouer un rôle actif pour répondre aux besoins sociaux grandissants, notamment dans le quartier en pleine mutation des Plaines-du-Loup.
"Oui, nous sommes un club de football et les performances sportives sont importantes. Mais le foot est aussi un facteur d'inclusion", explique Malick Gehri, directeur technique et coordinateur du projet Pôle social du FC Concordia. "Nous voulons que le club participe à répondre aux différents besoins des gens", affirme-t-il, interrogé par Keystone-ATS.
Intervenant social
Le Pôle social s'articule autour de deux axes principaux. Le premier est l'engagement d'un intervenant social au sein du club. Présent les jours d'entraînement et lors de certains matchs, cette personne aura pour mission de créer du lien avec les familles et de les orienter vers les ressources publiques existantes.
"Nous ne voulons pas remplacer ce qui se fait déjà à Lausanne. L'idée est d'aider les gens qui manquent de connaissances ou qui ont peur des démarches administratives", précise Malick Gehri. L'intervenant social sera également un point de contact pour les jeunes qui changent d'école ou qui cherchent un apprentissage, par exemple.
Le club constate un taux d'impayés de 30% concernant les cotisations. Grâce à l'intervention de l'assistant social, les familles en difficultés pourront bénéficier de son accompagnement pour explorer les solutions disponibles et ainsi régulariser leur situation.
Prévention du harcèlement
Une autre mission essentielle de l'intervenant social sera la prévention du harcèlement. "Le centre sportif de la Tuilière ressemble à une fourmilière, il y a tellement de gens", remarque Malick Gehri, soulignant que les retours sur les cas de harcèlement sont en augmentation.
Selon lui, le club n'a pas à se déresponsabiliser de cette situation. L'objectif est que l'intervenant social devienne une personne de référence, tant pour les jeunes et leurs parents, que pour les entraîneurs.
Le soutien scolaire représente le second axe du Pôle social. Dispensé du lundi au jeudi avec trois créneaux adaptés aux différents âges, ce dispositif permettra aux jeunes joueurs de faire leurs devoirs avant l'entraînement afin de mieux concilier scolarité et sport.
"Seize jeunes se sont déjà inscrits aux devoirs accompagnés" se réjouit Malick Gehri. Ces sessions seront encadrées par un enseignant professionnel ainsi que par des joueurs de la première équipe - qui évolue en deuxième ligue interrégionale - dotés d'une expérience universitaire et ayant déjà travaillé dans l'accompagnement scolaire.
Un soutien de 150'000 francs
Le Pôle social a été créé grâce au financement de la Fondation Leenaards, qui a accordé un soutien de 150'000 francs sur deux ans.
La pérennisation du projet reste toutefois un enjeu majeur pour le FC Concordia Lausanne, qui souhaite que son dispositif soit repris par des fonds publics. "L'objectif est aussi de pouvoir démontrer l'ampleur des besoins", précise Malick Gehri.
Est-ce le rôle des clubs de mettre en place de tels projets? "Je pense qu'il faut être précurseur et que ce genre de démarche doit venir du terrain. Mais à terme, cela ne devrait plus relever du ressort des clubs", conclut le directeur technique.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats