Il n’existe pas de solution universelle pour prédire la prolifération des algues bleues toxiques, selon une étude de l'Institut de recherche sur l'eau Eawag. Certaines molécules indicatrices spécifiques sont nécessaires pour chaque lac.
Les cyanobactéries, également connues sous le nom d’algues bleues, peuvent se propager de manière explosive dans les lacs pendant les mois les plus chauds de l’année. Parmi les nombreuses espèces connues, certaines produisent des toxines et les autorités doivent pouvoir rapidement prendre des mesures de prévention, comme l’interdiction de la baignade.
A cet effet, elles s’appuient sur des programmes de surveillance qui mesurent les biomolécules produites par les cyanobactéries, traditionnellement des pigments comme la chlorophylle, et qui indiquent une croissance de ces dangereuses algues bleues.
Or cette nouvelle étude montre que, dans le cas du Greifensee, à l'est de Zurich, ces pigments n’ont guère de valeur prédictive, tout comme quelques autres molécules indicatrices proposées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a indiqué l'Eawag jeudi dans un communiqué.
Autres marqueurs
Pour remplacer ces marqueurs, les scientifiques ont sélectionné pour le Greifensee quatre autres biomolécules parmi l’ensemble du cocktail chimique produit par les cyanobactéries. Elles peuvent être utilisées pour suivre de manière ciblée le développement d’une efflorescence toxique.
Selon les scientifiques, il existe de grandes différences entre les lacs, liées aux propriétés physiques et écologiques de chaque plan d'eau, mais aussi aux cyanobactéries qui y prédominent. "Il n’existe donc pas de solution universelle, il est plutôt conseillé d’examiner chaque lac individuellement", indique Xuejian Wang, doctorant et premier auteur de l'article, cité dans le communiqué.
L’étude récemment publiée dans la revue Environmental Science and Technology documente les variations annuelles d’un grand nombre de biomolécules produites par les cyanobactéries et ce, sur une période plus longue - cinq ans - qu’aucune publication antérieure. Au total, 850 échantillons prélevés dans le Greifensee entre 2019 et 2023 ont été analysés et 35 biomolécules ont ainsi été régulièrement détectées.
Innombrables substances
Quatre d'entre elles ont finalement été sélectionnées, dont une appartenant à la famille des microcystines toxiques, qui peut également apparaître dans d’autres lacs suisses. Les scientifiques se disent convaincus que ces quatre molécules constituent une bonne liste de marqueurs pour le Greifensee.
Il s'agit toutefois de savoir quels indicateurs sont pertinents pour quel lac, souligne l'Eawag. Des recherches supplémentaires sont en cours sur d'autres types de cyanobactéries croissant au fond des lacs, à l'origine d'autres toxines. Historiquement associées à tort à des algues, ces bactéries produisent d’innombrables substances bioactives, dont seule une fraction est connue.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats