La formation des enseignants du primaire durera toujours quatre ans à Genève, une exception en Suisse. La réduction à trois ans est refusée par 61,74% des voix dimanche en votation. La réforme était attaquée par les syndicats des enseignants et la gauche. La participation s'est élevée à 39,93%.
Genève conserve ainsi son cursus universitaire de quatre ans, alors que les autres cantons romands forment leurs futurs maîtres en trois ans dans des Hautes écoles pédagogiques (HEP). Votée par la majorité de droite au Grand Conseil, la modification de la loi sur l'instruction publique visait à former davantage d'étudiants à Genève et à leur permettre d'entrer plus vite sur le marché du travail.
C'est donc un soulagement chez les opposants à cette réforme, les syndicats des enseignants et la gauche, qui ne s’attendaient pas à un tel refus. Marjorie de Chastonay, députée du parti Les verts et elle-même enseignante.
Les référendaires ont gagné dimanche, jusque dans les rangs du Centre et du MCG, qui avaient initialement soutenu la réforme. Ils ont défendu la formation universitaire actuelle, qui offre un haut degré d'expertise, en phase avec la complexité des situations et des besoins dans un canton urbain. Elle met sur le marché des généralistes capables d'enseigner quatorze matières dans les huit degrés du primaire.
Cursus réorganisé
Cette réforme était jugée dogmatique par les référendaires, d'autant plus qu'elle n'était accompagnée d'aucun projet concret. Elle visait seulement à permettre aux Genevois qui se forment dans une HEP de le faire chez eux, a rappelé la conseillère d'Etat Anne Hiltpold, en charge du Département de l'instruction publique. "Ils sont engagés à Genève. C'est un affront de dire que leur formation est de moins bonne qualité", a-t-elle relevé.
"L'organisation du cursus devra de toute façon être revue, tout le monde est d'accord là-dessus", a poursuivi la magistrate. Un avis que partage Francesca Marchesini, présidente de la SPG, la Société pédagogique genevoise.
La question du numerus clausus, qui limite le nombre d'étudiants à 100 par année, sera donc analysée, tout comme le renforcement de la formation continue. "Je vais continuer dans ma ligne", a répondu Anne Hiltpold, interrogée sur ses autres projets.
Le comité référendaire s'est réjoui dimanche du soutien de la population à une formation de haut niveau. Il estime qu'il s'agit d'un signal envers la majorité parlementaire de droite et à ses attaques contre l'école. Une droite qui a perdu face aux six référendums lancés depuis le début de la législature, au printemps 2023.
Source : ats