Les enquêteurs internationaux sur la situation au Nicaragua publient pour la première fois une liste de 54 responsables présumés de la répression systématique dans ce pays depuis 2018. Outre les deux "co-présidents" déjà épinglés, plusieurs ministres sont ciblés.
"Tout l'appareil répressif est contrôlé de manière centralisée" par le président Daniel Ortega et la co-présidente Rosario Murillo, son épouse anciennement vice-présidente, répète le Groupe d'experts des droits humains au Nicaragua dans un rapport détaillé publié jeudi à Genève. Fin février, ces trois personnes, qui ne s'expriment pas au nom de l'ONU, avaient estimé que le régime avait "démantelé les derniers contrepouvoirs" avec une récente réforme constitutionnelle.
Depuis des années, ils mettent cause le chef de l'Etat et son épouse. Les autorités et le parti de Daniel Ortega sont devenus "une machine unifiée de répression avec un impact national et international" et répondent au couple présidentiel pour des violations "systémiques", ont-ils affirmé récemment.
Désormais, ils ont détaillé les responsables qui appliquent la politique présidentielle. Parmi ceux-ci figurent le secrétaire privé du président en charge des forces de sécurité, le président de l'Assemblée nationale, le président en fonction de la Cour suprême de justice, le commandant en chef de l'armée, le directeur de la police nationale, la procureure générale du pays ou encore le secrétaire général du parti présidentiel.
Plusieurs responsables ministériels, parlementaires, politiques ou judiciaires de moindre importance sont également en cause. Ces dernières années, le Groupe d'experts a dénoncé à plusieurs reprises des actes équivalant à des crimes contre l'humanité au Nicaragua.
Les enquêteurs ont récemment établi pour la première fois clairement le rôle de l'armée, aux côtés de la police et des paramilitaires, dans la répression qui a fait plus de 300 victimes en 2018. Le Nicaragua avait décidé après leur rapport de février de boycotter le Conseil des droits de l'homme. Une décision que la Suisse avait déplorée ensuite devant l'organe onusien.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats